Merowig : le thriller de l’été signé Langlois et Laufeust.

Une interview d’Anne Langlois et Laufeust.

Vendredi dernier, la plateforme de séries littéraires Rocambole a fait le lancement de sa première série estivale : Merowig. Ecrite par Anne Langlois, autrice de Pionne et de Libertalia, et par Laufeust, auteur de Noor Princesse-Espionne et La Quête de l’Arbre Sacré, cette série n’est autre qu’un thriller poignant et captivant dont le suspense est majoritairement du au rythme de publication de la série. En effet, trois épisodes sont à paraître chaque semaine : un le lundi, un le mercredi et un le vendredi ; et ce jusqu’à la mi-août. 

Merowig, c’est l’histoire d’Adèle qui entraîne sa compagne Louise à Reims, la capitale des Mérovingiens, pour rendre visite à un ami d’enfance et qui est loin de se douter qu’un meurtre abominable va être commis et que ledit ami n’est autre que le principal suspect. L’intrigue se déroule à Reims, cette ville dans laquelle tant de rois ont été sacrés, et qui semble détenir bien des secrets. Alors qu’Adèle et Louise vont tenter d’enquêter sur ce meurtre, le lecteur se retrouve projeté dans une ambiance sombre et mystérieuse. Afin de mieux vous présenter cette série et peut-être mettre en lumière le processus créatif qui se cache en coulisse, Anne Langlois et Laufeust ont accepté de réponse à une brève interview. 

Merowig, c’est un thriller qui se déroule à Reims, une ville dont vous êtes tous les deux originaires. Hormis cette belle cathédrale, que détient cette ville de particulier pour avoir envie d’y écrire une histoire? 

L. : Alors, nous y habitons, mais nous n’en sommes pas originaires. Pour moi, c’est la ville du cœur car c’est celle de mes études. Les quartiers du centre possèdent suffisamment de charme et de variété pour offrir un vaste espace de jeu à nos héroïnes.

A. : Rocambole nous a demandé un thriller qui ne se déroule pas forcément à Paris ou New-York. Donc le plus pratique, c’était Reims, où on habitons et où nous aimons nous promener.

Les deux protagonistes forment un beau couple lesbien. C’est toujours très apprécié de retrouver ce genre de représentation dans une histoire qui ne traite pas forcément de ce sujet-ci, mais qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire sur un couple de femmes ? Pensez-vous que l’esprit du roman n’aurait pas été le même si le couple principal était hétérosexuel ? 

L. : J’ai plutôt tendance à préférer écrire des persos féminins. Cependant, nous voulions un couple de héros pour Merowig, alors le couple lesbien nous permettait d’écrire deux persos féminins d’un coup ! Joie ! Évidemment, ça n’aurait rien changé si ce couple avait été hétéro. C’était très clair pour nous dès le départ : le couple que forment Adèle et Louise n’est pas le sujet de l’histoire. C’est à mes yeux très important de normaliser le rapport du lecteur au couple homosexuel : que les gens « glissent » à la lecture sur cette relation, qu’ils ne s’y arrêtent pas forcément, qu’ils finissent pas trouver ça banal. C’est ce côté « couple comme un autre » qui peut petit à petit aider à faire disparaître les réactions homophobes.

Sur Rocambole, il me semble qu’on ne retrouvait pas avant de thriller rédigé par vos soins. Avec Pionne et Libertalia, Anne Langlois écrivait plutôt du contemporain feel-good et avec Noor Princesse Espionne et La Quête de l’Arbre Sacré, Laufeust semblait plutôt se reconnaître dans la fantasy et l’historique. Qu’est-ce qui vous a donné envie à tous les deux de vous lancer dans un thriller ? Est-ce déstabilisant de passer d’un genre à l’autre ou est-ce assez naturel ?

L. : Pour moi non, Anno Domini 1304, mon premier roman auto-édité, était un thriller. Je suis curieux de tout, alors jongler entre les genres est un plaisir. Quant à Merowig, c’était une commande. Rocambole voulait tester une première série à quatre mains, dans le style « thriller de l’été » tel qu’on le connaît à la télévision. Il s’avérait qu’Anne et moi étions amis et habitions dans la même ville, ce qui était parfait pour tester cette première commande. Tout le scénario est de nous, par contre. 

A. : C’est un genre très différent de ce que je fais d’habitude. Sans être déstabilisante, l’écriture de Merowig me demande davantage d’efforts. J’ai tendance à glisser des blagues et à placer un peu d’ironie dans mes textes. Ici, ce n’est pas le propos. C’est un bon exercice !

Ce récit est donc écrit à quatre mains, mais comment s’organise une rédaction à plusieurs ? 

L. : Une bonne dose de thé et de gâteau au chocolat pour le goûter, c’est essentiel. Sinon, c’est un vrai plus (et un immense plaisir) de se voir pour travailler. Ça a rendu l’écriture du synopsis ultra dynamique. Et pareil, pour l’écriture et la relecture, en parler de vive voix est bien plus efficace que par internet.

A. : On écrit un épisode par jour. On commence par revoir le synopsis de l’épisode ensemble puis on se répartit les scènes avec lesquelles on se sent plus à l’aise. Ensuite, on travaille en même temps sur le même document. Au bout de quelques heures, le premier jet est terminé. On passe à la relecture. C’est une lecture à voix haute de ce que l’autre a écrit, on propose des corrections, des reformulations, on discute… Laufeust a raison de dire que c’est un immense plaisir, parce qu’on rit aussi beaucoup !

Dans le premier épisode, vous décrivez le musée Saint Rémi avec une belle délicatesse et une précision telle que nous avons l’impression d’y être, bien que nous n’ayons probablement jamais visité l’endroit. Lorsque vous écrivez ce genre de scène, vous rendez-vous sur les lieux avant ou pendant le procédé d’écriture pour vous imprégner du lieu, ou écrivez-vous de mémoire ? 

L. : Alors, notre plus grand arrêt photos a bel et bien été au musée (et à la basilique) Saint-Rémi. Les musées et les édifices rémois sont des lieux que je connais bien et que j’adore, tout l’enjeu est d’essayer de parfaitement en retranscrire l’atmosphère. Très heureux de voir que ma description t’a plu !

A. : Il est très fort, hein ?

Quelle est votre majeure inspiration pour l’intrigue de Merowig ? Vous êtes vous inspiré d’un fait divers ? 

L. : Alors on ne va pas spoiler la série, mais avoir été étudiant en Histoire à Reims aide bien. Il faut dire que c’est une ville importante au niveau « sacré » : c’était un archevêché avec de très nombreux clochers intra-muros et puis, surtout, c’est la ville des sacres ! La galerie des rois nous surplombe dès qu’on passe devant la cathédrale. Une bonne base de départ.

A. : Moi, je relis Da Vinci Code depuis qu’on a commencé à travailler sur Merowig ! Mais pour répondre à ta question, non, on ne s’est pas inspiré d’un fait divers.

Si vous pouviez chacun résumer Merowig qu’en cinq mots, lesquels utiliseriez-vous ? 

L. : drame – secret – découverte – Histoire – suspens

A. : héroïnes – aventure – champagne – mystère – amitié

Le mot de la fin est pour vous. 

L. : On peut dire que c’est une expérience un peu à part dans nos vies d’auteurs. Pouvoir parler de notre ville et surtout, avoir la chance de travailler avec Anne me plaît énormément. Une expérience à renouveler.

A. : Oui, ben on va déjà terminer cette série-là ! Aujourd’hui : épisode 13 !

Pour conclure, Merowig c’est LE thriller de l’été. C’est un polar historique écrit par deux écrivains hors pair, chaque ligne est un délice à lire et le rythme de publication des épisodes renforce vraiment le suspense de ce récit. Écrit, pensé et publié comme une véritable série, Merowig est la lecture qui m’accompagnera partout cet été. 


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